Que retenir du CES 2014 ?

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Rendez-vous incontournable de l'innovation high-tech mondiale, le Consumer Electronics Show de Las Vegas a réuni il y a 2 semaines plus de 150 000 visiteurs.

Suite à notre synthèse générale déjà parue sur le site de notre partenaire INfluencia, voici un retour sur les produits qui feront peut être prochainement partie de votre quotidien. Au delà des traditionnels écrans TV, toujours plus grands et aujourd’hui 4K, Internet of everything, Immersion et Design sont les trois grandes tendances à retenir de cette édition 2014. 

Internet of everything : le big data, enjeu crucial

Le CES confirme sans surprise le raz de marée du "tout connecté". Très nombreux, les capteurs ne se cantonnent plus à la mesure des performances sportives mais investissent désormais de nouveaux domaines comme la santé, l'automobile ou la cuisine.

Le bien-être apparaît comme le marché phare du domaine. Les différences d'approches culturelles y sont palpables selon le poids du système de soins publics. A l'évidence, l'Amérique du Nord et l'Asie semblent adhérer en accéléré au "quantified self" préventif qui change aussi la relation avec le médecin (partage de données, diagnostic et prescription à distance en usage aux USA). Parmi les produits français très visibles au salon, Aura, nouvel outil d'analyse du sommeil et de gestion du réveil du français Withings. Le capteur d'activité de Misfit est également très prometteur car beau, simple et non invasif. Le nombre de capteurs d’activité présentés est absolument colossal sans qu'ils proposent des fonctions fondamentalement différentes : la bataille sur les prix est engagée ! Pour pallier à cette faible différentiation, le design est un élément très important. Quelques fabricants vont déjà plus loin que la simple mesure de l’activité en associant des fonctions de coaching. Les bases de données larges et bien gérées vont avoir une importance majeure si certains en doutaient encore.

photo-aura-cesMontre connectée de MisfitBracelets connectés

Sur le marché du sport, c'est l’effervescence, toutes disciplines confondues. La raquette connectée de Babolat  développée avec la société française Movea devrait ravir les tennismans avides de données liées à leurs performances (mesure de l'effort, types et puissance des coups effectués, point d'impact de la balle, etc), mais Sony est déjà là avec un capteur adaptable sur toutes les raquettes. Le basket avec son ballon connecté (ce n'est pas une blague !) ou encore le golf ne sont pas en reste, pour ne citer qu'eux.

Dans cette immense jungle des objets connectés, la différence se fera aussi dans la capacité des sociétés à gérer et enrichir le produit par les données et l'intelligence du terminal. Grâce aux données transmises par ces applications, les fabricants font constamment évoluer le service rendu. L'enjeu est d'utiliser ces données massives (big data) pour fournir un conseil adapté et évolutif. Il est toutefois intéressant de remarquer à quel point la cyber-sécurité était absente des débats. On parle pourtant de données personnelles très sensibles (exemple du marché de l'assurance vie...).

L'automobile n'est pas en reste. Tous les grands constructeurs étaient présents hormis les français et les italiens. Connectées au réseau ou entre elles, les voitures deviennent de véritables objets connectés et intelligents : les prévisions tablent sur un véhicule autonome à horizon 2025. Mais déjà l'omniprésence des constructeurs automobiles, et pas que des marques haut de gamme, annoncent la diffusion massive de ces technologies embarquées dans nos voitures. A suivre avec attention : le Motion capture embarqué dans les voitures de Kia, les systèmes de commande à la voix et la réalité augmentée sur les écrans tête haute pour prévenir des obstacles.

L’immersion dans la conduite par Ford

Enfin, le tout connecté investit aussi nos cuisines avec les réfrigérateurs connectés de Samsung et LG et la table de cuisson Whirlpool (encore en prototype) qui permet d'afficher et partager ses recettes sur les réseaux sociaux en temps réel.

Table connectée de Whirlpool

Immersion par le son et l'image

Autre signal fort de ce CES 2014 : la très forte présence des fabricants de casques audio. Ils sont ouverts, semi ouverts, fermés. Le volet audiophile est présent bien que minoritaire même chez les grands acteurs du secteur (Sennheiser, Beyerdynamic). Le casque permet au consommateur de se différencier, ce qui est de moins en moins le cas des smartphones. Accessoire de mobilité et de mode, il devient un objet d'immersion. Immersif, le son se vit désormais spacialisé et objectisé : l’Institut de recherche Fraunhofer proposait à cet effet deux très belles démonstrations avec des systèmes à plus de 12 hauts parleurs.

A noter également dans ce domaine la présence de Dolby seul et avec ses partenaires Qualcomm et Sharp pour des présentations remarquables. Les technologies du son évoluent également dans les téléviseurs : exemple avec les nouveaux facteurs de forme des téléviseurs Sony qui permettent de disposer de hauts parleurs dignes de ce nom. A noter également parmi nos belles découvertes "sonores" :

  • Le Zik de Parrot en édition spéciale : superbe, facile (IHM tactile remarquable), confortable, avec une application intéressante,
  • Le petit ampli-ADC portable de Bayer A200P qui, associé au casque T50P, permet une restitution exceptionnelle depuis un smartphone,
  • Orphéus de Sennheiser, un produit culte qui date de 1991 et fait toujours référence...

Zik de ParrotCasque Orphéus de Seinnheiser

Du son à l'image il n'y a qu'un pas. Tout aussi incontournable dans les allées du CES 2014 : l'écran. Qu'ils soient 4K, UHD, LCD , OLED ou Curve, ils grandissent et les fabricants convergent vers un objectif ultime : améliorer l'expérience et l'immersion du spectateur dans les contenus. Dans certains cas d’usage, le "curve" revendique à juste titre une meilleure immersion, particulièrement pour les "gamers". La technologie OLED apporte des noirs plus profonds et des couleurs plus riches mais les disponibilités des écrans les plus avancés ne sont pas claires. Les fabricants déploient des trésors d’idées pour démontrer les avantages de la 4K. Panasonic défend à ce titre une évolution forte de ces écrans LCD se rapprochant de la qualité de l’OLED. Panasonic, à nouveau, met ainsi l'accent sur les applications professionnelles destinées par exemple aux boutiques de marques de luxe (affichage high end) ou aux centres de surveillance ou de visioconférence.
Plus éloignée, la 8K semble extrêmement prometteuse, faisant de la 3D sans lunettes une réalité. La superbe démonstration en 8K (2*4K) de Sharp en collaboration avec Dolby va dans ce sens offrant une superbe qualité d'images.

Les acteurs majeurs comme Dolby, Technicolor et Sony travaillent sur la dynamique de couleurs des écrans (HDR) avec une proposition de valeur exceptionnelle. Ils se penchent également sur l’augmentation de la fréquence de présentation des images (HFR) pour plus de fluidité dans toutes les situations. Tout cela converge vers l'idée que la 4K (UHD) n’est, en l’état, qu’au tout début de son histoire. Si les acteurs du domaine veulent éviter un "fiasco à la 3D", ils doivent  travailler dur à une proposition de valeur forte et évidente pour l’utilisateur final. HDR et HFR font partie des pistes très intéressantes nécessaires à l’amélioration des formats 4K, 8K ou plus, mais c’était déjà le cas sur la HD. Affaire à suivre...  

Émergence du design

Le design est partout ! Il n'y a plus un produit réussi qui n'ait fait l'objet d'un design approfondi sur les aspects artistique, fonctionnel et opérationnel. La grande majorité des sociétés technologiques confessent faire désormais appel à des "références design" pour accélérer la mise sur le marché de leurs innovations. Certaines de ces références sont très abouties.Montre connectée Qualcomm

Quant au design des nouveaux téléviseurs exposés, il est remarquable. Certains LG curve sont de véritables sculptures de verre. Les écrans curve en format 21:9 de 105 pouces deviennent des pièces de décoration à part entière.

Ecrans incurvés sur pieds de verre

En conclusion, les robots et les imprimantes 3D faisaient comme les années passées l'objet de zones d'exposition très fournies, confirmant là encore leur banalisation croissante. La technologie n'a pas fini de transformer nos vies !

Batterie imprimée en 3D   Stormstrooper de Star Wars imprimé en 3D