Quels challenges pour la e-santé ? Rencontre avec Eric Guiffard, nouveau responsable du laboratoire Médecine Connectée

Du 14 au 17 octobre ont lieu les journées Francophones de Radiologie. L’occasion pour nous d’interroger le nouveau Responsable du laboratoire Médecine Connectée de chez b<>com sur les tendances du domaine.

Diplômé de l’Ecole des Mines de Douai et fort d’une expérience de 10 ans au sein d’un constructeur d’échographe, Eric Guiffard a rejoint b<>com en septembre 2016.

Les progrès de l'imagerie médicale et des technologies de l'information ouvrent une nouvelle ère pour les soins médicaux, quels sont les challenges que rencontre aujourd’hui la médecine connectée ?

La diffusion des technologies du numérique tant dans l’augmentation de leur puissance de calcul que par la diminution de leur taille permet de fabriquer des dispositifs de plus en plus performants, de plus en plus nombreux mais également de plus en plus diffusés. Parallèlement de nouveaux usages apparaissent tandis que les pratiques se complexifient.

La large diffusion des dispositifs nécessite d’augmenter leur « intelligence » au point de devoir la déporter, tout ou en partie dans le cloud. Par ailleurs, la complexification des usages nécessite d’augmenter leur interopérabilité avec les autres dispositifs du système de santé (planification, gestion, diagnostic, thérapie, intervention…). Le principal défi de la médecine connectée est aujourd’hui de réussir à fédérer tous ces dispositifs pour les différents usages dans la garantie d’une qualité optimale de soins délivrés au patient.

Comment peut-on imaginer la médecine connectée dans 10 ans ?

Une puissante vague d’outils et de moyens devrait arriver et conduire à une « déconstruction » de la pratique médicale suivant deux disciplines qui s’appuient sur une connectivité accrue des dispositifs médicaux.

Tout d’abord la télémédecine. L’expert pourra intervenir en appui à une intervention délicate et éloignée de lui de plusieurs milliers de kilomètres. Par ailleurs, un patient pourra être équipé de dispositifs communicants reliés à un hôpital afin d’assurer sa surveillance et lui permettre de poursuivre une vie « normale ».

D’autre part, concernant la médecine intelligente, on peut imaginer que des médecins pratiquent un examen à l’aide d’instruments « intelligents » qui seront en mesure de guider leur utilisateur. Ceux-ci s’aidant eux-mêmes de banques de données et d’intelligences artificielles, distantes ou locales. Des systèmes de plus en plus intelligents pourront être connectés et opérer une fonction complexe que seuls ils ne parviendraient pas à faire et qui serait conçue par l’utilisateur « expert » ou « apprise » par le dispositif.

Quels sont les projets de recherche en cours chez b<>com ?

Le laboratoire « médecine connectée » que je dirige mène des expérimentations en conditions réelles autour des technologies innovantes d’info-structure d’imagerie médicale distribuée. Il s’agit entre autres de produire des applications concrètes qui permettent, à partir de connaissances fondamentales, d’exploiter des données cliniques pour la recherche. Les résultats de la recherche pourront quant à eux bénéficier aux patients comme par exemple pour le choix du médicament le mieux adapté en fonction d’une évolution de la pathologie mesurée sur l’image. Nous nous lançons également sur un sujet ambitieux consistant à rendre interopérable la vidéo dans la salle d’opération chirurgicale, ce qui est loin d’être le cas actuellement.