A l'est, du nouveau

B-com était de la dernière mission de Bretagne Commerce International à Séoul et Tokyo.

Objectif: rencontrer les grands acteurs de la high tech japonaise et coréenne, visiter leurs show-rooms, échanger sur les tendances et les enjeux de la mobilité et de la société numérique.

L'occasion aussi de prendre le pouls de l'économie numérique en Asie, où les forces géopolitiques en présence sont majeures et où les tensions et rivalités stimulent une compétition séculaire. A ce titre, le contraste entre la Corée et le Japon est instructif. La Corée est une nation en pleine expansion économique, après une phase de rattrapage accéléré; on y sent partout volonté générale de poursuivre la croissance grâce à l’international, en s’appuyant sur les grands groupes ( LG, Samsung, Hunday,… ) et tout en développant un écosystème plus riche ( start up, industrie de création de contenus, succès de la culture coréenne en musique et séries TV ). Un écosystème que la Bretagne connait bien aussi :-) Capture d’écran 2013-06-09 à 19.24.15Les murs interactifs de la maison connectée SK T Le Japon est dans une situation bien différente: puissance mondiale historique, plusieurs de ses grands groupes sont à la peine ( il suffit de penser à Sony ... ) et l'économie du pays est atone depuis deux décennies. Depuis décembre 2012, le pays est dirigé par un nouveau Premier Ministre, Shinzo Abe, qui semble déterminé à sortir l’économie de sa léthargie et à regagner le statut de puissance dominante perdu au profit de la Chine ( et écorné par la Corée du Sud également, notamment dans l'industrie technologique et automobile). L'ouverture internationale est devenue une nécessité pour les entreprises, et c'est un changement significatif puisque le marché domestique autorisait auparavant une forme d'autarcie.Show room SKT, au coeur d'une vitrine technologique Pour autant, de grandes tendances communes se dégagent à l'issue de la mission, qui témoignent bien du fait que la société numérique est déjà en marche dans cette région du globe:

  • un vrai sens de la mise en scène des technologies innovantes, centré sur l'utilisateur bien plus que sur le discours technologue;
  • l'émergence forte de projets phare de villes intelligentes, totalement connectées, sécurisées, optimisées énergétiquement; 
  • la e-santé avec une forte connotation mobilité, bien être, hygiène de vie, est omniprésente dans les business models des grandes entreprises rencontrées. Les objets connectés et le quantified self sont déjà une réalité.
  • les jeux sur mobile, activité qui tire la croissance et dynamise les industries technologiques.

Chez Google Korea, Emmanuel Audousset d'Astellia, Bertrand Guilbaud de B-com et Abdel Kanderde Kurmi Software.La mission, composée de PME bretonnes dont plusieurs membres de l'IRT ( Astellia, Haploid, Secure IC, ... ), démarrait à Séoul avec une visite du show-room de SK Telecom, un des opérateurs leaders en Corée. Un parcours tourné vers le futur, très grand public, où la technologie s'efface au profit des usages, des possibilités.  Chez Google Corée, l'originalité du discours était frappante: la Corée est l'un des 4 pays au monde où l'entreprise n'est pas n°1 mais bien marginale ( 5% des recherches coréennes passent par le géant américain ). L'esprit start-up est bien présent en revanche puisque Google Corée soutient les initiatives d'aides aux entrepreneurs et à l'industrie du contenu sur mobile. Un des temps forts des rendez-vous à Séoul fut la présentation de Samsung Ventures, division investissement du géant Samsung ( 344 000 employés, 10 000 PHD .... ): l'occasion de vérifier là aussi les technos et les marchés les plus prometteurs.Tour Samsung à Séoul Reçus comme des ministres chez Panasonic :-)A Tokyo, Panasonic, NTT Docomo, Fujitsu, GREE ou encore Rakuten étaient au programme. Tandis que NTT Docomo symbolise encore parfaitement les consortiums historiques, aux gouvernances complexes, durs à manoeuvrer, Rakuten et Gree sont typiques de la nouvelle vague d'entreprises japonaises agiles, dopées à l'international et occidentales dans leur philosophie. Chez Rakuten, 50 % des employés sont étrangers et un anglais parfait est exigé dès l'embauche. Pour autant, ce groupe de e-commerce qui s'est implanté dans de nombreux pays ( notamment la France avec le rachat de Price Minister) se différencie de ses concurrents internationaux ( ex Ebay ) et tient à son modèle axé sur les marchands plus que sur le consommateur final. Chez GREE, pionniers du social gaming, les chiffres de la croissance sont vertigineux; nés en 2004, ils comptent déjà presque 3000 employés, arrivent 5 ° sur l'AppStore et n'hésitent pas à racheter des sociétés de développeurs ou des studios de jeux aux USA et en Asie... Chez Panasonic, outre l'impressionnant parcours de découverte technologique ( avec le plus grand écran plat au monde, 152 pouces ) et de la maison du futur, le projet global de ville intelligente de Fujisawa nous a été présenté; une ville de 1000 foyers, au nord de Tokyo, totalement connectée, sécurisée, énergétiquement autonome et gérée par un consortium de grands entreprises réunies autour de Panasonic ( qui détient 35% des parts ) pour créer un concept neuf de " town management company". Démonstration très éloquente de la vision des japonais et de leur capacité de réalisation: la ville sera inaugurée et accueillera les premières familles au printemps 2014.Chez GreeAu final, B-com aura pu valider la pertinence de ses enjeux et nouer des contacts porteurs. Et croiser au détour d"une exposition la fameuse pop star hologramme, Hatsune Miku, qui déchaîne les passions et fait courir les foules au Japon ....La star hologramme en concert