Le Cesim Santé accélère avec b<>com

Guillaume Jégou de b<>com et Erwan L’Her du Cesim Santé

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Quand l’analyse issue de capteurs psycho-physiologiques contribue à l’efficacité de la pratique médicale. Erwan L’Her et Guillaume Jégou, font le point sur leur collaboration.

Erwan L’Her (à droite) est Professeur de réanimation médicale et de médecine d’urgences au CHRU de Brest, chef de service des Urgences du CHRU de Brest et Directeur du Cesim Santé. Guillaume Jégou (à gauche) est Responsable du laboratoire Usages & Acceptabilité de b<>com.

1.    Pourquoi b<>com et le CESIM Santé ont décidé de travailler sur des projets communs ?

Erwan L’Her (EL) : Le Cesim Santé est convaincu que la prise en compte de l’ergonomie et de l’expérience utilisateur doit être davantage intégrée aux protocoles de simulation de la pratique médicale. A l’issue d’une rencontre avec Guillaume et son équipe il y a un an, nous avons identifié des complémentarités entre nos expertises et décidé de travailler sur des projets communs.

Guillaume Jégou (GJ) : Centré sur la mesure de l’expérience utilisateur, le laboratoire Usages & Acceptabilité de b<>com avait des solutions concrètes à apporter aux besoins du Cesim Santé. Confronter nos protocoles à des situations concrètes telles que la réanimation médicale nous intéressait particulièrement.

2.    Quels sont ces projets ?

EL : Le premier projet pour lequel nous avons collaboré est une étude d’acceptabilité du port d’une tenue de protection contre le virus Ebola. Nous souhaitions déterminer si le port de cette tenue recommandée dans la prise en charge des patients atteints du virus Ebola avait un impact sur la réalisation des gestes techniques usuels de réanimation. Le laboratoire Usages & Acceptabilité de b<>com nous a apporté son expertise dans le protocole scientifique à mettre en place. 

GJ : Nous avons mené une étude auprès de 13 médecins seniors du réseau *HUGO que nous avons équipé de multiples capteurs psycho-physiologiques. L’étude portait sur la réalisation de trois gestes médicaux avec et sans la tenue.  Les données récoltées nous ont permis de livrer une analyse multidimensionnelle sur la performance, les indices physiologiques, la variation de fréquence cardiaque et respiratoire, les postures, le ressenti, la charge de travail mentale, physique et temporelle. 
Nous avons noté une augmentation significative de la charge de travail, de stress et d’inconfort en condition Ebola. Ces conclusions nous ont permis de livrer des recommandations sur la méthodologie de sélection du matériel. Une publication au Congrès de la Société de Réanimation de Langue Française est en cours. 

EL : Le deuxième projet consistait à fournir au CHRU de Brest des éléments d’aide à la décision dans le cadre d’un investissement d’une vingtaine de ventilateurs de réanimation (environ 20 000 euros/pièce). Nous avons réalisé un banc de tests portant sur 7 ventilateurs différents. Au-delà des caractéristiques techniques globalement équivalents, l’ergonomie et l’acceptabilité des ventilateurs par leurs utilisateurs constituaient un critère décisif dans la décision. Nous nous sommes appuyés sur l’expertise de b<>com pour mesurer ces éléments, trop souvent oubliés.


GJ :  Nous avons intégré différents capteurs psycho-physiologiques dans le scénario de test du matériel de ventilation. 20 médecins du CESIM Santé de Brest ont participé au test. Les conclusions nous ont permis d’établir des différences significatives d’ergonomie et d’expérience utilisateur entre les différents ventilateurs. 

* Hopitaux Universitaires du Grand Ouest

Situation de test d’un ventilateur de réanimation au CESIM Santé de Brest

3.    Quel bénéfice en retirez-vous ?

EL : Notre collaboration a débouché sur des résultats concrets (publication, recommandation) en un temps record. Grâce à sa maitrise du protocole, b<>com a joué le rôle d’accélérateur sur ces projets. La prise en compte de données telles que l’émotion, le stress, le rythme cardiaque apporte une nouvelle dimension non explorée jusque là dans la simulation de la pratique médicale. Elle rend l’exercice plus efficace.

GJ : Nous sommes ravis d’avoir pu collaborer avec le Cesim Santé sur ces projets concrets et passionnants. Confronter nos protocoles à des situations de simulation aux plus proches du réel est particulièrement enrichissant pour nous.
Ces projets démontrent à nouveau que la mesure multi-dimensionnelle de l’expérience utilisateur peut s’avérer primordiale dans les phases de tests d’un produit ou service.  Gain de temps et économies sont à la clé !

4.    Et la suite ?

GJ : Nous allons poursuivre notre collaboration tout au long de l’année. Les données récoltées alimenteront les travaux de recherche du laboratoire. Lors de notre prochain test, nous allons équiper des pompiers de la technologie eye-tracking pour analyser leur émotion en situation d’intervention.