[interview] Le secret pour booster l’innovation chez b<>com : l’ingénierie avancée

Philippe Lemonnier, Directeur Ingénierie & IT

Fred Pieau
Passer du concept innovant issu d’un laboratoire de recherche à une solution technologique transférable chez un client en un temps record ? Telle est la mission de b<>com. C’est la raison pour laquelle l’IRT s’est doté d’une Direction dédiée à l’ingénierie logicielle et matérielle ainsi qu’à l’IT.

Alors que l’immense majorité des organismes de recherche ne possèdent pas en interne leur propre service d’ingénierie et doivent trouver des prestataires afin d’entrer dans un processus d’industrialisation, b<>com fait figure d’exception. Nous avons décidé de mettre en lumière ce travail en interrogeant le directeur de cette activité, Philippe Lemonnier, fort de plus de 30 ans d’expérience dans le domaine.

Philippe, comment est composée cette équipe d’ingénierie ?

Ce département regroupe une trentaine d’ingénieurs provenant en grande partie du monde industriel. C’était d’ailleurs une volonté marquée au moment des recrutements, nous étions à la recherche de personnes aguerries aux processus d’industrialisation afin d’accompagner au mieux les projets de recherche. En termes de découpage, on peut distinguer d’un côté les équipes IT et ingénierie logicielle, toutes deux pilotées par Pascal Gravoille et de l’autre l’équipe d’ingénierie matérielle, encadrée par Benoit Le Ludec.

Quelle est la force de cette équipe d’ingénierie ?

Sans nul doute les compétences variées et très pointues qui, une fois juxtaposées, permettent d’accompagner des projets de recherche d’un spectre relativement large allant de la cyber-sécurité à l’intelligence artificielle, de la 5G à la réalité virtuelle ou augmentée en passant par les technologies cognitives et le traitement de l’image et de l’audio. C’est d’ailleurs grâce à cette grande mixité des compétences que nous avons par exemple été en capacité de bâtir notre infrastructure qui s’appuie sur notre propre datacenter, créé de toutes pièces par l’équipe b<>com. Et ce n’est pas rien ! Il faut un nombre incroyable de compétences pour mettre sur pied une telle créature. Des connaissances poussées en thermique, en énergie ou encore en acoustique sont par exemple nécessaires … en complément des évidentes compétences en informatique et réseau : tout un panel d’expertises que la plupart des gens n’envisagent même pas. Globalement, il faut comprendre que les équipes Software travaillent en synergie avec les équipes Hardware et IT : cela forme un continuum de compétences qui sont essentielles pour industrialiser les projets de recherche.

A quel moment les équipes d’ingénierie interviennent-elles dans les projets de recherche ?

L’idéal, c’est d’intervenir le plus tôt possible. Par exemple, certains membres de l’équipe participent aux comités d’incubation des projets, ne serait-ce que pour savoir ce qui se prépare très en amont. Ils peuvent ainsi orienter ou conseiller les porteurs du projet sur certains aspects de développement liés aux standards industriels et sur les meilleures technologies candidates pour l’implémentation, ce qui n’existe pas dans l’univers de la recherche académique par exemple.

Par certains côtés cette démarche peut rappeler celle qu’adoptent les acteurs industriels avec des équipes R&D adossées à un bureau d’étude, mais elle est ici ré-imaginée et tente d’aller encore plus vite en associant non pas l’un après l’autre mais en parallèle une recherche très amont et des compétences d’ingénierie pour répondre aux besoins technologiques du marché sur un temps court.

Concrètement, comment passe-t-on du concept au tangible au transférable chez b<>com ?

Cela va nécessiter l’intervention d’une multitude de métiers : d’abord les labos de recherche, car pour chaque projet, les chercheurs amènent leur concept à un certain niveau de maturité qui va en permettre la démonstration. La démarche de l’ingénierie vise pour l’essentiel à élever le niveau de TRL (Technology Readiness Level) de cette preuve de concept. Cela se fait de façon méthodique, avec une approche industrielle, afin d’obtenir une solution transférable avec une valeur réelle, maitrisée et quantifiable pour un tiers. L’ingénierie doit répondre essentiellement à ces questions : qu’avons-nous besoin de réaliser pour pouvoir mettre cette innovation entre les mains de nos clients et prospects ? Quelles sont les solutions logicielles et/ou matérielles les plus performantes et adaptées réellement transférables car simples à intégrer au juste coût d’implémentation pour le produit dans lequel elles prendront place ? Seront-elles bien fonctionnelles dans le temps ? Respectent-elles bien les normes réglementaires et juridiques ?

b<>com est équipé en imprimantes 3D, ce qui lui permet de façonner toute sorte de pièces qui n’existent pas forcément sur le marché.

Fred Pieau

Peux-tu nous donner un exemple de success story qui illustrerait ce travail ?

L’une des success story chez b<>com, c’est la solution *Adaptive HDR Converter* qui est une innovation qui a remporté plusieurs prix sur des salons internationaux et qui est aujourd’hui intégrée chez de nombreuses grandes références du milieu du broadcast. Un concept tout droit sorti de nos labos avec un algorithme intelligent, développé pour répondre au mieux au besoin des clients, en étant le plus simple possible à intégrer dans leur propre produit final. Et dès qu’on parle de solution intelligente, se pose la question de quelle architecture et par exemple quels meilleurs choix de répartition entre matériel et logiciel pour parvenir à quelque chose de compact, peu coûteux et donc facilement intégrable dans le produit du client. A ce titre, la phase d’ingénierie peut aussi être source d’innovation et les solutions parfois très originales et inventives mises en œuvre pour donner corps à l’innovation de nos chercheurs constituent une catégorie de propriété intellectuelle à part entière.

Après avoir conçu les plans de circuits électroniques, on passe au concret ! De la petite pièce assez simple comme ici aux montages les plus complexes, l’équipe Hardware possède un large éventail de compétences.  

Fred Pieau

L’une des dernières « créations » de l’équipe est la version miniaturisée de la *Wireless Edge Factory* qui finalement est la plus petite box 5G au monde. Comment et pourquoi a-t-elle été conçue ?

Cette box a été créée afin pouvoir illustrer via des démos sur des salons à quel point notre technologie logicielle *Wireless Edge Factory* peut facilement être embarquée et déployée dans n’importe quelle condition matérielle. Elle a été conçue en s’appuyant là aussi sur des compétences variées en impression 3D et en intégration matérielle. Cette dernière fait elle-même appel à des connaissances en électronique, mécanique, thermique, acoustique et enfin sécurité électrique : il faut s’assurer du respect de la sécurité des personnes. Imaginé pour accrocher l’œil, son design élégant n’est finalement que la partie visible de l’iceberg, destiné à mettre en avant le travail du laboratoire Connectivité Avancée et concrétiser le fait que b<>com est en mesure de fournir des technologies logicielles capables de faire tourner les applications 5G de nos clients. Le travail de packaging logiciel et matériel est donc pensé en amont et est mis en valeur lors des salons mais bien évidemment, l’étape d’après, la principale c’est le PoC (Proof of Concept) afin que nos clients puissent réellement tester la solution avant de la retenir.

A gauche, la version 2019 de la *Wireless Edge Factory* : 50kg pour 85*53*30cm exposée notamment à l'IBC 2019. A droite, la nouvelle version miniaturisée de 25*24*30cm pour 6 kg, transportable en bagage à main dans l’avion !

Fred Pieau

La confidentialité nous empêche de divulguer les projets en cours mais peux-tu nous dire quelques mots sur ce qui pourrait prochainement sortir ?

Parmi les sujets prometteurs et novateurs, je pense assez naturellement à une technologie très amont issue du Labo Nouveaux Contenus Media. Nommée b<>com [Smart FPS], il s’agit d’un algorithme qui détermine de façon dynamique la fréquence d’image minimum qu’on peut atteindre dans une vidéo sans perdre en qualité. Cela représente un gain considérable de bande passante jusqu’à 40% au stade de la production et 15% pendant la transmission. Cette technologie a pu sortir du labo et être présentée en 2019 sur plusieurs salons, dont l’IBC. Elle a fait forte impression dans le milieu du broadcast ! En très peu de temps, cet algorithme doit maintenant passer à une forme soit logicielle, soit matérielle, ou possiblement la combinaison des deux, qui puisse être facilement intégrée par un client. La multiplicité des expertises à rassembler pour y parvenir en fait un sujet passionnant pour l’équipe ingénierie : il s’agit d’un défi encore plus grand que la solution SDR-HDR, mais surtout de la promesse de pouvoir amener à nos clients une nouvelle technologie signée b<>com !

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