Intelligence Artificielle : l'interview de Ludovic Noblet, Directeur Hypermédia

Fred Pieau
Après le démarrage de son laboratoire « Intelligence Artificielle » et son partenariat récent avec l’Observatoire de l’IA au Québec, b<>com a signé la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’IA. Ludovic Noblet, Directeur Hypermédia partage la vision de b<>com sur ce sujet majeur.

Pourquoi b<>com a choisi d’aller sur le terrain, déjà très préempté, de l’AI ?

Nous avons choisi, début 2019 de rassembler toutes nos activités IA au sein d’un même laboratoire avec pour objectif de développer nos compétences et favoriser les synergies, dans une logique d’excellence. Mais le sujet IA est présent au sein de b<>com depuis sa création ! Vis-à-vis des filières que nous adressons, des enjeux portés par la transformation numérique et compte tenu de nos expertises métier, l’IA est un investissement stratégique que nous avons fait conjointement avec nos membres investisseurs et partenaires. Par ailleurs, avec nos objectifs de transfert technologique, il est impératif de se différencier dans les paysages compétitifs associés aux filières que nous adressons et l’enjeu IA est incontournable. b<>com propose donc un panel de compétences et expertises de premier plan : compréhension métier et accompagnement en analyse de problématiques IA, connaissance des canevas et outils d’apprentissage statistique, maitrise d’approches statistiques, maitrise en ingénierie avancée, etc. Et ce de telle sorte qu’une implémentation IA puisse être transférable c’est-à-dire commercialement exploitable et viable sur le long terme. Enfin, b<>com a aussi pour mission de contribuer à développer les talents qui iront ensuite irriguer le monde industriel, d’où l’effort produit en matière d’intégration de thèses, de stages et d'alternants.

Quels sont les travaux de recherche menés actuellement sur le sujet de l’Intelligence Artificielle ?

Nous travaillons sur trois axes. Tout d’abord, une approche IA en tant que choix technologique comparativement à des approches heuristiques plus conventionnelles, en le traitant de manière lucide et sans dogme, particulièrement lorsqu’il améliore la performance de certaines technologies existantes. Nous menons notamment ces travaux dans les domaines du son, de l’image, de la compression vidéo, de la vision par ordinateur ou encore la prédiction d’états cognitifs à partir de la mesure de signaux physiologiques.

Un second axe étudié est l’utilisation de l’IA comme approche pour le développement d’une solution à un problème, pour lequel la modélisation est complexe. Cet axe est étroitement lié à l’exploitation de données qu’elles soient personnelles ou d’entreprises avec une focalisation importante sur la thématique santé. Il repose sur une solide expertise en statistiques. Par exemple, b<>com développe une solution originale de prédiction de flux d’entrée aux urgences hospitalières. Un autre exemple est celui du traitement automatique du langage et le développement d’un composant d’extraction de données structurées à partir de compte-rendus et rapports médicaux.

Un troisième axe, actuellement en cours de développement, est focalisé sur les problématiques de cybersécurité qu’il s’agisse de l’IA au service de la cybersécurité ou de la cybersécurité de l’IA : authentification multi-facteurs, détection d’anomalies, zones de confiance en traitement de données chiffrées etc…

Au-delà de ces aspects technologiques, l’investissement de b<>com se fait également autour des aspects sociétaux liés à l’intelligence artificielle. Nous avons investi sur des thématiques comme le droit à l’oubli et sommes en train d’avancer sur le sujet du consentement quant à l’exploitation de données personnelles. Pourquoi implémenter un arsenal juridique (RGPD) sans disposer de l’outillage technologique associé d’un point de vue sécurité ? b<>com investit également sur le sujet de la collaboration entre l’humain et la machine qu’il s’agisse de charge mentale, de confiance ou de responsabilité. Au-delà encore, nous travaillons sur une thématique plus prospective, orientée Sciences Humaines et Sociales, à savoir la place de l’intelligence artificielle dans l’évolution du monde du travail à horizon 2031. Dans ce cadre, des liens se sont développés tout au long de l’année avec des acteurs de la recherche au Québec et notamment l’Observatoire de l’IA du Québec, en pointe sur les sujets éthiques et explicabilité.

Pourquoi avoir signé la déclaration de Montréal ?

Lorsque nous avons réorganisé nos activités, le programme interne associé portait cette ligne directrice d’«IA responsable» en termes d’ambition. Par exemple, b<>com est sensible à l’enjeu de frugalité énergétique induit par l’IA. Y-a-t-il un prix à payer vis-à-vis d’une prolifération rapide de l’IA en termes d’impact de consommation énergétique ? Quels enjeux technologiques associés ? Par ailleurs, à travers l’identité même de b<>com, son modèle, ses valeurs et l’action pour le bien commun, nous nous reconnaissons parfaitement dans les 3 objectifs visés par la déclaration ainsi que l’ensemble des principes énoncés. C’est pourquoi, il était évident pour nous d’y participer.