Vers une révolution numérique des hôpitaux ?

djugon
L'événement Hôpital Numérique qui s’est déroulé le 26 mars 2014 promettait aux acteurs innovants du numérique du Grand Ouest de rencontrer ceux de la santé autour d’une ambition commune : conduire le système français médical vers une ère plus numérique.

Plus de 170 participants ont répondu à l’appel d’Images et Réseaux, de la CCI de Rennes, de la Technopole Rennes Atalante, de la Technopole Brest Iroise, d'Atlanpole Biothérapies, du CRITT Santé Bretagne et de b<>com.
b<>com était associé à cette matinée à travers la présence de nombreux membres (ETIAM, CHU Rennes, CHRU Brest, INSERM) et la participation d'Eric Thibaut, Directeur du programme e-Santé de l'IRT, qui animait une des tables rondes. "Un exercice très intéressant avec des intervenants impliqués. Je retiens des constats honnêtes et tranchés comme "Il y a plus de jardiniers que d'informaticiens dans les hôpitaux français" ou "Les data sur votre voiture sont plus précis et suivis que votre dossier patient"". Parmi les temps forts de la matinée, le réalisme marqué du Professeur Stindel (du CHRU de Brest) a également fait mouche : "On ne peut pas dire : faites nous un hôpital numérique avec 1,5% de votre budget, désolé ça marche pas".

Les participants ont clairement décrit les enjeux et le chemin à parcourir  pour aboutir à la révolution numérique du système de santé français. Rapide synthèse de ces échanges fournis : 

Première table ronde : L’hôpital, territoire d’expérimentations et d’innovation pour les acteurs du numérique évoque les freins au déploiement du digital, notamment :

  • Le budget : le pourcentage du budget des hôpitaux français consacré à la modernisation numérique des services et équipements est clairement insuffisant au regard de la complexité des organisations.
  • Les usages : jusqu’à aujourd’hui, les technologies déployées ont entraîné un accroissement de la charge de travail administratif, amputant les praticiens du temps médical. Les besoins, les usages n’ayant pas été pris en compte en amont.
  • L’humain : le personnel médical n’est pas suffisamment impliqué dans le choix des solutions par les Directions Informatiques hospitalières. " Le numérique à l'hôpital est trop orienté gestion, et pas assez tourné vers le personnel soignant " ont plaidé plusieurs intervenants. En découle un manque d’adhésion de la part des médecins, praticiens, infirmiers…

Deuxième table ronde : Etablissements de santé : comment faciliter l’accès aux achats aux PME ? Sur le terrain du numérique, l’écosystème des entreprises innovantes est dense, particulièrement en Bretagne. Pourtant, la réponse des PME aux appels d’offre des établissements de santé est complexe pour plusieurs raisons :

  • Le code des marchés publics est contraignant et peu adapté aux PME.
  • La peur du risque : les acheteurs, portant toute la responsabilité dans la réussite des solutions qu’ils choisissent, ne sont pas incités à aller vers des propositions émanant de start-up innovantes.
  • L’écosystème des PME de la santé est très éclaté: en découle une problème de taille critique pour répondre aux critères des groupements d’achat.

A l’issue de ces débats « zéro langue de bois »,  les entrées vers l’hôpital numérique apparaissent multiples et les contraintes financières, organisationnelles et règlementaires sont particulièrement prégnantes. Mais selon Eric Thibaut, "les choses changent : d'un côté, les politiques publiques œuvrent pour un rapprochement du monde de la santé et du numérique, d'un autre, les établissements de santé ont compris qu'il s’agit avant tout de remettre le patient au centre du système de soins."
Pour visionner la matinée Hôpital numérique